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CULTURE

Du 20 juillet au 3 aout 2019, une soixantaine de réfugiés ont pris part à la première session des ateliers de danse et de musique entrant dans le cadre du projet « Hors limite ». Initié par le Centre de développement chorégraphique (CDC) « la Termitière » en collaboration avec l’association Nèma, l’objectif dudit projet est de permettre aux jeunes réfugiés internés dans les camps de retrouver la confiance, de garder espoir et de reprendre corps avec le milieu ouvert.

Pour Salia Sanou, l’un des directeurs artistiques du projet, Hors limite se veut « un temps de respiration, d’ouverture, de découverte » pour ces jeunes qui vivent en vase clos dans les camps de réfugiés. 

Après plus de deux semaines, ces réfugiés maliens internés à Ouagadougou ont pu se familiariser à la danse chorégraphique et à la musique. Ils ont procédé à la restitution de ce qu’ils ont appris le samedi 3 aout dernier via un spectacle d’une trentaine de minutes. Pour les organisateurs, ces deux semaines ont été simplement des jours «  de vie, de rencontre et d’échange ». Et le spectacle présenté au public était porteur d’un message, celui de l’espoir.

« Faire marcher ces jeunes réfugiés dans l’espace et leur apprendre à faire des gestes de solidarité, de fraternité, d’amitié et de tolérance étaient important. A travers la chorégraphie qu’on a réalisé, ce sont tous ces mots qu’on a voulu exprimer, la joie de vivre et surtout l’espoir, etc. » a expliqué Salia Sanou, pour qui, au nom de l’humanité, nous devons toujours porté assistance à ces réfugiés car quelque part nous pouvons tous un jour devenir des réfugiés. 

Les danseurs d’un jour étaient très contents d’apprendre la danse et la musique car cela  leur a permis de vivre de nouveau. Ag Ataher Mohamed Assalek, réfugié et résident au camp de réfugié de Mentao, porte parole du groupe s’explique : « Hors limite nous permet de nous familiariser avec les aspects culturels comme la danse et la musique. En dehors de cela, il va contribuer à apaiser nos cœurs à réduire nos soucis comme la nostalgie de notre pays. (…) Une fois de retour nous partageons nos connaissances avec les enfants et les jeunes restés sur place ».

Même si l’objectif n’est pas de faire de ces jeunes réfugiés des chorégraphes et des danseurs professionnels,  certains d’entre eux aspirent déjà à une carrière professionnelle surtout à la découverte des vertus de la danse.  Tout n’a pas été rose au cours de ces deux semaines, car apprendre la danse à des personnes qui n’ont jamais eu aucune notion en la matière était difficile. Mais selon Salia Sanou, leur courage, leur abnégation et leur envie d’évasion a eu raison des difficultés.

A l’issue de cette première session, une deuxième session est prévue du 8 au 22 septembre prochain et la restitution finale est prévue pour décembre 2019.

« La vie dans les camps de réfugiés est un espace clos, sans projet réel si ce n’est de vivre l’enfermement, l’ennui, la solitude voire la désespérance. Dès lors, Hors limite pourrait être un temps de respiration, d’ouverture, de découverte qui permettrait aux jeunes concernés de reprendre corps, espoir, vie, et dialogue avec un environnement ouvert » font savoir les directeurs artistiques du projet, Salia Sanou et Maman Sani.

« Hors limite » est exécuté sous la direction artistique de Salia Sanou et Maman Sani. Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, le Burkina Faso accueille plus de 23 000 réfugiés maliens qui vivent dans deux camps regroupés de la région du Sahel et à proximité. 

 

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