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POLITIQUE

Le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) a organisé un dialogue démocratique ce vendredi 14 juin 2019 au Conseil burkinabè des chargeurs (CBC), pour présenter les résultats de sondage d’opinion « Présimètre » du premier semestre de l’année 2019. Selon le sondage, le président Roch Marc Christian Kaboré a obtenu la note moyenne de 4,72 sur 10.

Dans le but de contribuer à la consolidation de la culture démocratique, à l’institutionnalisation d’un suivi citoyen de l´action publique par l´utilisation des TIC, au renforcement de l'imputabilité politique et la redevabilité socioéconomique et d’assurer un monitoring citoyen de l’action gouvernementale durant la période 2016-2020, le CGD fait un sondage deux fois dans l’année.  Dans le cadre de la plateforme de veille citoyenne pour l’imputabilité politique et la redevabilité socio-économique (Présimètre), ce sondage d’opinion a été organisé pour le premier semestre de l’an IV du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. A l’instar des autres années, les résultats du sondage ont été présentés au cours d’un dialogue démocratique, qui a vu la présence d’enseignants-chercheurs, d’hommes politiques, des d’étudiants, de la société civile et des hommes de médias.

Selon Issouf  Nana, statisticien au CGD et membre de l’équipe du CGD chargée de la réalisation du sondage, l’étude a été menée auprès d’un échantillon de 3024 citoyens représentatifs de la population âgée de 18 ans ou plus, dans les treize régions du Burkina. Les entretiens se sont déroulés par enquête directe dans la langue de choix du répondant, à l’aide d’un questionnaire électronique développé sur un smartphone dans la période du 1er au 10 juin 2019.

Pour ce premier semestre de son an IV, le président du Faso a reçu la note moyenne sur sa gestion globale du pays de 4,72 sur 10, donc en baisse comparativement à celle de décembre 2018 qui était de 4,91 sur 10. Pour la première fois, note Issouf Nana, « le milieu rural a donné une note inférieure à celle donnée par le milieu urbain ». En effet, le milieu urbain a donné la note de 4,84 sur 10 et celui rural 4,67 sur 10, le cumul donnant les 4,72 sur le plan national. Cette baisse en milieu rural est expliquée par l’insécurité et la non-réalisation de plusieurs promesses prévues dans le programme présidentiel.

Sur la question de l’insécurité grandissante, l’évolution du niveau de satisfaction de la manière dont la situation sécuritaire générale du pays a été gérée est de 17,1% en juin 2019 contre 15,2% en décembre 2018. Aussi 92,2% des sondés ont accepté de réduire leur liberté de mouvement (couvre-feu, Etat-d’urgence) pour la lutte contre le terrorisme.

En ce qui concerne l’évolution du niveau de satisfaction de la manière dont la question de la lutte contre la corruption a été gérée le taux est de 11,8% en juin 2019 contre 14,1% en décembre 2018.

Les probabilités d’aller voter aux prochaines élections (référendum, présidentielle, etc.) sont en baisse. En effet la probabilité en juin 2019 est de 76,6% représentant ceux qui vont voter contre 77,3% en 2018. Les raisons avancées par ceux qui ont déclaré « peut-être voter » ou « pas voter » sont : ceux qui disent qu’ils ne savent pas comment faire représentent 4,7%, ceux qui disent qu’ils n’ont pas de pièce d’identité représentent 15,4%, ceux qui sont sans avis 24,1% et ceux qui n’ont pas confiance au processus électoral 55,8%.

Sur l’ensemble des sondés, 11,4% disent connaître ou avoir entendu parler du Plan national pour le développement économique et social (PNDES) contre 48,7% en décembre 2018. Selon Issouf Nana, cette baisse est due au fait que « les populations associent le PNDES à l’ancien Premier ministre Paul Kaba Tchiéba ». En ce qui concerne l’évolution de la confiance en la capacité des politiques, projets et programmes en cours (contenus dans le PNDES) à mettre en œuvre, le Programme présidentiel, les chiffres sont en baisse : 49,30% en juin 2017, 35% en  décembre 2017, 27,3% en juin 2018, 23,0% en décembre 2018 et 14,9% en juin 2019. 

Au cours de ce sondage, 67% de l’échantillon est « pour » le retour de l’ancien chef de l’Etat Blaise Compaoré, contre 58% en décembre 2018. Pendant ce temps, 19% son « contre » son retour et 14% sont sans avis.

Ceux qui sont « pour » son retour ont évoqué trois raisons : 41,6% d’entre eux estiment que Blaise Compaoré doit retourner au Burkina pour « contribuer à la paix », 21,9% pour « répondre devant la justice » et 36,5% pour « contribuer à la réconciliation nationale ».

Ce sondage donne également des chiffres sur d’autres sujets tels que l’opinion sur les mouvements de protestation, la condition de la femme au Burkina Faso, la confiance des populations aux institutions, l’opinion des populations concernant les délestages, l’évolution du niveau de satisfaction de la manière dont les questions sensibles sont gérées par le Chef de l’Etat, la question de l’accès à l’eau et l’assainissement, la question de santé, etc.

Pour Issouf Nana, la note attribuée au président du Faso « est une note qui invite à mieux faire pour les 18 mois restants ». « De la satisfaction des citoyens sur la mise en œuvre des engagements du président du Faso, il y a un facteur principal aujourd’hui qu’il faut noter, c’est la sécurité. C’est un facteur de cette insatisfaction des citoyens avec tout son corollaire, notamment l’exode rural, les crises humanitaires généralisées. Avec cette insécurité les citoyens n’arrivent plus à mener leurs activités ce qui a un impact sur toute l’activité économique que ce soit au niveau agricole ou de l’élevage, et donc cela pourrait expliquer cette note que les citoyens donnent », a ajouté Issouf Nana.

Le Professeur Serge Théophile Balima a tenu à rappeler que les opinions exprimées ne reflètent pas la position du CGD, ni celle de ses partenaires techniques et financiers.

 

                                                                                 

 

 

 

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