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©CSC

SOCIETE

Le Conseil supérieur de la communication (CSC) a, le vendredi 27 septembre 2019, eu une rencontre d’échanges avec les responsables des télévisions publiques, privées et Canal+Burkina sur le contenu de leurs programmes servis au public. Il s’agissait pour l’instance de régulation d’interpeller les chaînes de télévision sur la problématique des séries brésiliennes dites « Télénovelas » et les inviter à réfléchir sur les mesures à prendre pour atténuer leurs effets néfastes sur le public jeune.

Comment les chaînes de télévisions peuvent contribuer à réduire les effets pervers desdites séries sur la jeunesse burkinabè ? Comment préserver la liberté des adultes à suivre les programmes de leur choix tout en protégeant les mineurs ? C’est autour de cette problématique que le CSC a invité le Directeur général de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), des responsables des télévisions privées représentant l’Union burkinabè des éditeurs de services de télévision (UBES-TV) et un représentant de Canal+ à réfléchir en cette matinée du vendredi 27 septembre 2019.

Depuis quelques temps, le CSC est interpellé par des parents et des organisations de la société civile sur les conséquences des « Télénovelas » diffusées par les chaînes de télévision sur la jeunesse burkinabè. En effet, ces séries, qui comportent souvent des scènes « peu pudiques » et qui véhiculent des mœurs légères, sont diffusées à des heures de forte audience et accessibles au public jeune.

Cette rencontre de concertation a permis d’analyser la situation et de dégager des pistes de solutions. S’il est, pour le moment, difficile pour les télévisions d’arrêter la diffusion de ces séries qui sont d’un apport financier non négligeable pour les chaînes, il est néanmoins possible de revoir les horaires de diffusion de ces séries, ont expliqué les éditeurs de services. Ils ont donc décidé, pour assumer leur part de responsabilité dans l’éducation et la protection du public jeune, de repousser les heures de diffusion à plus tard dans la soirée, au moment où les enfants sont censés dormir, ou, à défaut, les parents sont à la maison pour les empêcher de suivre les programmes inadaptés à leur jeune âge. Ils proposeront très bientôt à l’instance de régulation un créneau horaire dans ce sens.

Le président du CSC, Mathias Tankoano, et ses collaborateurs, dont les Conseillers Victor Sanou, et Eugénie Yameogo/Ouattara, ont aussi rappelé aux médias la nécessité de mettre en place un comité de visionnage des films en vue de leur classification pour la programmation et, s’il le faut, de procéder à la suppression des séquences choquantes. Ils les ont invités au respect de la décision sur la signalétique prise par le CSC en 2014. Il s’agit pour les télévisions d’afficher à l’écran les pictogrammes qui indiquent la tranche d’âge en fonction des programmes diffusés (-10, -12, -16, -18, etc.).

Le CSC a interpellé Canal+ sur le respect de la législation burkinabè. Il l’a invité à bannir les publicités interdites au Burkina Faso, notamment celles sur les produits dépigmentant et sur les boissons dont le taux d’alcool dépasse 10%. Il devra également crypter les chaînes « Novelas » et « Nollywood » en attendant la fixation des créneaux horaires des « Télénovelas » et rendre la Télévision nationale disponible même sans abonnement.

En vue de promouvoir les productions de séries burkinabè, toute chose qui conduira peu à peu à délaisser les « Télénovelas » et les séries indiennes, le CSC a invité les télévisions (publiques et privées) à penser à faire de la coproduction. Par ailleurs, il entend, sur recommandation des responsables des télévisions, mener avec le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme une réflexion sur la possibilité de mettre en place un fonds de soutien aux productions nationales. Au terme des échanges, les responsables de médias se sont engagés à prendre les mesures nécessaires (revue des horaires de diffusion des « Télévovelas », affichage des pictogrammes sur l’écran) pour préserver le public jeune. Il appartient, interpelle le CSC, aux parents aussi d’assumer leur responsabilité d’éducateurs pour ne pas laisser les enfants suivre n’importe quel programme.

 

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