Aujourd'hui,
URGENT
Agriculture: la Suisse alloue plus de 5 milliards FCFA aux petits agriculteurs de l’Afrique de l’Ouest. 
Burkina: l’Union européenne offre à l’armée du matériel destiné à la lutte contre le terrorisme.
Santé: le paludisme risque de tuer plus de personnes que le coronavirus en Afrique subsaharienne, prévient l’OMS.
Sommet UE-G5 Sahel : Roch Marc Christian Kaboré plaide pour plus d’investissements au profit des populations. 
Burkina: décès vendredi à Ouagadougou de Thomas Sanon, 73 ans, ancien ministre des Affaires étrangères et président du CES
Cyclisme: le Burkinabè 🇧🇫Paul Daumont nominé pour le prix du meilleur cycliste africain de l'année.
États-Unis : Donald Trump autorise le processus de transition vers une administration Biden.  
Burkina: un citoyen américain abattu le 21 novembre 2020, devant le camp Baba Sy de Ouagadougou.      
Burkina: l’Union africaine appelle à des élections apaisées et transparentes. 
Burkina: 860 villages et secteurs ne pourront pas prendre part au scrutin couplé. Cela représente environ 370 000 Burkinabè.

SOCIETE

Située dans la région du sahel, la commune de Falagountou fait partie des six communes que compte la province du Séno. A la tête de cette commune depuis 2016, Saïdou Maïga et le conseil municipal entendent faire de Falagountou "Un paradis au milieu du sahel". Déjà confrontée à la crise sécuritaire sans précédent, la commune minière vient elle aussi, d'être touchée par la pandémie du Coronavirus (avec 3 cas à la date de signature de l’article). Le bourgmestre de la ville n'entend pas baisser les bras. Lui et son Conseil ont pris des mesures fortes allant de la gratuité de l'eau jusqu’en septembre à l’achat de vivres pour les couches vulnérables. Dans cet entretien qu'il a accordé à Fasozine et d'autres organes de presse, le maire revient sur ces différentes mesures.


Fasozine : A la date du 10 Avril, votre commune a enregistré 3 cas de contamination au covid-19, quelles sont les mesures urgentes qui ont été prises face à cette situation?

Saïdou Maïga : Oui, en effet Falangountou a enregistré ses premiers cas le 10 avril et en tant que autorités communales, nous avons rapidement de concert avec le personnel sanitaire, activé notre dispositif pour la prise en charge des patients. Il s’est agi d’une mise en confinement systématique des cas confirmés et la recherche rapide des personnes ayant été en contact avec ces personnes, pour une mise en quarantaine. Nous en avons identifié au moins une trentaine de personnes qui ont été mise en quarantaine. Je salue au passage la promptitude du comité régional Covid-19 et de la Direction régionale de la santé du Sahel qui ont immédiatement réagit en prenant en charge le cas le plus sérieux pour un suivi rapproché au Centre hospitalier régional de Dori. Mais il faut retenir que bien avant la survenu de ces cas de contamination, certaines dispositions avaient déjà été prises comme la fermeture des marchés, la sensibilisation sur les gestes utiles pour limiter la propagation de la maladie. Par ailleurs, la Direction régionale de la santé du Sahel et le comité régional Covid-19 ont pris des mesures préventives dont l’isolement des personnes concernées, la désinfection du marché, de certains bâtiments du centre médical et de la mairie.

Des mesures anticipatives ont été prises mais elles n’ont tout de même pas empêché votre commune d’enregistrer des cas. Où se situe la faille ?
Je ne crois pas qu’il y a eu une faille dans notre dispositif de veille. Vous savez, en pareil situation, il faut plutôt penser à comment faire face à la situation, renforcer les mesures pour limiter au maximum la propagation tout en préservant les intérêts des populations. Revenir sur la genèse des cas me parait peu important mais il faut retenir que deux des personnes contaminées sont rentrées de Ouagadougou le 22 mars 2020 où elles ont été proches sans doute d'une personne qui était infectée. Mais l’essentiel pour nous est de connaitre l’itinéraire de ces cas afin de mieux prendre les dispositions qu’il faut. Et nous sommes d’ailleurs ravis de constater que les trois cas se portent tous mieux.

Justement il nous revient que la commune a pris quelques mesures supplémentaires surtout pour soulager les populations qui devront désormais observer une quarantaine de fait.
Effectivement, avec la confirmation de cas, nous allons devoir durcir les mesures qui passent par l’intensification de la sensibilisation et les limitations des libertés. Et nous sommes conscients que l’ensemble de ces mesures vont porter préjudice aux intérêts surtout économiques des populations de Falagountou car vous êtes sans savoir que nous sommes une commune carrefour entre Dori, Gorom et le Niger. C’est donc un pôle d’échanges économiques qui est d’ailleurs perturbé par les mesures antérieures comme la fermeture du marché mais qui le sera encore plus avec la quarantaine de la limitation des aller-retour avec les communes voisines. Voilà pourquoi nous avons, en conseil municipal, décidé de prendre quelques mesures sociales pour soulages les populations. Nous nous inscrivons bien sûr dans la dynamique de mesures prises par le chef de l’Etat et au regard de notre contexte, nous avons pris des mesures spécifiques. Il s’agit notamment de la gratuité de l’eau dans toute la commune jusqu’au 30 septembre 2020 et à côté de cela nous allons bien entendu subventionner les gestionnaires des bornes fontaines. Nous allons aussi acquérir des vivres pour les ménages vulnérables en quarantaine. Vous savez, cette situation va provoquer un chamboulement du calendrier scolaire et académique et nous avons pensé octroyer un trimestre supplémentaire de pécule pour les élèves et les étudiants qui sont déjà parrainés par la commune. Parce qu’il faut noter que la commune de Falagountou a mis en place un système de parrainage scolaire qui permet d’accroitre le taux d’accès aux différents niveaux de scolarité. Avant cette pandémie du Covid-19, nous faisions déjà face à la crise sécuritaire et Falagountou est soutenue dans sa lutte contre le Covid-19 par l’ensemble du personnel de la fonction publique en général et celui de la santé en particulier. Aussi, avons-nous trouvé des formules pour encourager les FDS, le corps médical et l’ensemble des fonctionnaires dans cette situation. En résumé, voilà ce que nous avons prévu à notre niveau pour alléger les souffrances de nos populations.

Des décisions courageuses mais quid du financement ?
Tout comme à l’échelle nationale, la commune de Falagountou va aussi procéder à une modification de son budget et fixer les nouvelles priorités afin de prendre en compte la nouvelle situation. Ce que je peux vous dire c’est que l’ensemble des mesures que le Conseil municipal consent et que je viens d’énumérer seront supportées par le budget communal. Nous allons donc puiser, dans un premier temps,  dans nos ressources personnelles pour faire face à cette pandémie.

Falagountou va subir sans doute un revers économique avec cette situation et surtout la fermeture des marchés….
Vous savez,  pour une commune comme Falagountou, les marchés constituent de véritables points stratégiques pour l’économie locale. C’est vrai que nous sommes une commune minière mais l’économie locale est animée par les petits commerces, les marchés et le secteur informel. Ce n’est donc pas de gaité de cœur que nous avons assisté à la fermeture de ce qui se présente comme le poumon économique de la commune d’autant plus que le marché de Falagountou était le plus important encore en activité car l’insécurité a eu raison de plusieurs marchés frontaliers au Burkina et au Niger. Et je suis le premier à être touché par cette mesure à double titre car en tant que maire, je devrais, avec l’ensemble du Conseil municipal,  réorienter le budget communal et revoir nos ambitions à la baisse pour le reste de l’année si la situation perdure. Au deuxième plan, en tant que simple citoyen de la commune, j’ai un pincement au cœur de savoir que plusieurs familles qui vivaient «au jour le jour», doivent affronter cette situation difficile qui s’impose à nous tous. Par ailleurs, il faut savoir que Falagountou n’est pas la seule commune à avoir décidé de la fermeture de ses marchés. Ce sont des mesures préventives générales qui ont été prises par tous les exécutifs locaux.

Vous êtes maire d’une commune dans le sahel burkinabè, tout le pays fait face à la crise sécuritaire et vous encore plus. Alors, le Covid-19 est-il le malheur de trop ?
(Sourire). Non je ne dirais pas que c’est un malheur de trop. C’est une pandémie qui n’épargne actuellement personne et le monde entier en est concerné. Pour notre part à Falagountou, nous faisons certes déjà face à une situation sécuritaire difficile qui nous empêche par moment de dérouler notre programme de développement mais autant nous nous investissons pour satisfaire les besoins de la population dans cette situation, autant nous nous investirons pour barrer la route à la propagation du Covid-19. Nous ne pouvons dissocier les deux luttes et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle le Conseil municipal a contribué à hauteur de 11 millions de franc cfa au plan d’action du comité régional Covid-19. Nous avons aussi débloqué la somme de 9 millions pour l’acquisition du matériel médical en vue de protéger prioritairement le personnel médical et les autres agents publics en mission dans notre commune. D’ailleurs pour le compte de ces agents publics, le conseil a décidé d’octroyer une indemnité forfaitaire de 250.000 FCFA à tout médecin servant dans la commune et 100.000 FCFA à tout autre personnel de la santé. Et sans être exhaustif, nous envisageons une indemnité de 200.000 FCFA pour chaque enseignant tenant une classe dans la commune. Toute ces mesures démontrent donc notre volonté de galvaniser l’ensemble des travailleurs qui s’investissent malgré le contexte sécuritaire et maintenant sanitaire, difficile dans notre zone.

Un message pour vos administrés et l’ensemble des burkinabè?
Ce n’est jamais de trop de le rappeler et merci pour l’occasion que vous m’offrez pour les rappeler. Mais avant, je voudrai en appeler à la responsabilité de chaque burkinabè dans la lutte contre cette pandémie. Dès que l’on perçoit quelques signes suspects, il faut prendre ses précautions afin de préserver les autres. Cela dit, les gestes de base restent :
-    Se laver les mains régulièrement à l’eau et au savon
-    Nettoyer les mains avec un gel ou une solution hydro-alcoolique
-    Utiliser le creux du coude pour éternuer ou pour tousser
-    Eviter de se serrer les mains et/de se donner des accolades
-    Rester à au moins un mètre les uns des autres
-    Porter un masque pour se protéger et protéger les autres
-    Se signaler si l’on sent des symptômes et/ou si l’on a été en contact avec un cas confirmé… et appeler bien sûr le numéro vert 3535. Nous avons aussi des personnes ressources au niveau local qui sont disponibles pour apporter répondre aux sollicitations des populations. Il faut juste appeler le 53671120, 60586576, 71222435, 70353892, 70132075.